Baromètre et orientations des énergéticiens européens en 2018

electricity energy

par Watt’s Next Conseil

L’énergie, un marché d’investissement important

L’année 2018 peut être considérée comme atypique pour les énergéticiens européens.

Elle a été marquée par une baisse de 9 % du chiffre d’affaires du secteur qui doit être relativisée même si elle semble impressionnante. Les 25 premiers opérateurs européens ont dégagé près de 19 milliards d’euros en 2018.

Ce profit est dû en partie à un environnement favorable (prix de gros, prix du CO2, etc.)  pour de nombreux opérateurs bien qu’il puisse y avoir un possible retournement de tendance pour les opérateurs les plus exposés.

Les réseaux et les énergies renouvelables se retrouvent ainsi au cœur de la stratégie de nombreux opérateurs. Une stratégie qui se révèle payante mais peut entraîner parfois un endettement élevé.

La transformation du secteur continue de progresser plus ou moins rapidement selon les opérateurs. Elle est souvent synonyme de très importants investissements :  60 milliards d’euros d’investissements industriels au total auxquels s’ajoutent près de 10 milliards d’euros d’investissements de croissance externe.

La hiérarchie des 10 principaux acteurs européens a été chamboulée

Uniper a pris la tête du classement devant Enel. Le groupe allemand a notamment bénéficié à plein de l’augmentation des prix de gros. Le groupe français EDF conserve la 3ème place du classement bien que chacun de ces 3 acteurs ait déjà occupé la première place du classement dans les dernières années. 

Le chiffre d’affaires cumulé des 25 énergéticiens européens a chuté de 9 % en 2018 pour atteindre 548 milliards d’euros…

Cependant, la majorité des opérateurs a tout de même connu une croissance de leur activité. La hausse des prix de gros a profité à la plupart d’entre eux (Uniper et Vattenfall par exemple) et le développement dans les énergies renouvelables explique le bond du chiffre d’affaires de plusieurs acteurs (Ørsted notamment).

La transformation des acteurs européens de l’énergie

Les 25 énergéticiens ont investi 60 milliards d’euros en 2018, soit en léger recul par rapport à l’exercice 2017. Les opérateurs sont sélectifs car beaucoup d’entre eux agissent sous contrainte financière. 13 énergéticiens ont d’ailleurs réduit leurs investissements en 2018.

Les priorités d’investissement sont bien définies : les énergies renouvelables et les réseaux concentrent la majorité des investissements.

Le point commun entre ces deux activités : elles ne sont pas exposées à l’évolution des prix de gros et garantissent ainsi des revenus stables dans la durée.

EDF est de loin le plus gros investisseur du secteur. Ses investissements dans les énergies renouvelables (plus d’un milliard d’euros en 2018) et les réseaux (environ 4 milliards d’euros en 2018) sont comparables à ses concurrents, mais c’est le nucléaire qui fait la différence.

En 2018, EDF a investi près de 7 milliards d’euros dans le nucléaire aussi bien dans le parc existant que dans la construction de nouvelles unités.

Les investissements de croissance externe des 25 énergéticiens se sont élevés à 9,5 milliards d’euros en 2018, un montant comparable à 2017. La croissance externe est un accélérateur de la transformation des acteurs européens de l’énergie.

Le développement dans les Nouveaux Business

Le contexte énergétique en Europe devrait continuer à être challengeant en 2019 et dans les années à venir.

La concurrence s’intensifie partout en Europe, venant prendre les parts de marché des énergéticiens déjà connus du secteur. Les nouveaux entrants représentent de challenges particuliers de par leurs horizons divers.

La facilité qui s’offre aux startups à devenir fournisseur les pousse à tenter leur chance et elles sont donc de plus en plus nombreuses.

En France en 2018 on peut compter 16 nouveaux fournisseurs d’électricité autorisés ainsi que 16 nouveaux fournisseurs de gaz naturel autorisés.

Jusqu’à une période récente, les stratégies des énergéticiens étaient proches mais ce mimétisme stratégique n’est plus de mise. La 1ère ligne de fracture concerne les mix de production.

La 2ème ligne de fracture est la remise en cause du modèle verticalement intégré. Ce modèle n’est plus la norme pour certains groupes.

Le développement dans les nouveaux business (stockage, mobilité électrique, IoT…) devrait aussi petit à petit introduire des lignes de fracture entre les opérateurs. Ces divergences d’options stratégiques devraient continuer dans les années à venir. La pression financière que subissent certains opérateurs pourrait les pousser à prendre des mesures radicales en instaurant des virages stratégiques à l’image de ces fractures.

Ces divergences d’options stratégiques devraient continuer dans les années à venir. La pression financière que subissent certains opérateurs pourrait les pousser à prendre des mesures radicales en instaurant des virages stratégiques à l’image de ces fractures.